lundi 16 mars 2015

Extrait de "Penser maillée" de Murièle MODELY

Murièle Modély, "Penser maillée" (éditions du Cygne)

Un jour

Il faudra bien

Que j’éructe l’exil

Que je cesse

De considérer

La fuite

De l’île

Hors de peau

Hors des miens

Hors de mon 

quotidien

Il faudra bien

Que j’écarte

Des côtes

Les bords francs

De la plaie

Que je laisse le sang

Ou les larmes couler

Ou mon cerveau

Qu’importe

Que mon corps

S’investisse

Que je cesse

De dire

Vissée au

Continent

Il faudra bien

Un jour

Enfoncer la canule

Que le bout d’île

Explose

Que je m’enfonce nue

Dans la mer ou l’instant

Ou la répétition

Qu’importe

Que le crâne

Se fende

Que gerbent en continu

La bouche et le volcan

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